Au Sia 2020Arrivée d'Idéale, vache égérie du salon de l'agriculture

| AFP

La vache charolaise Idéale, égérie du salon de l'agriculture, a fait son entrée au pas de course, vendredi, porte de Versailles à Paris, devant l'½il des multiples caméras et sous le crépitement des flashes, un peu effrayée par cet environnement peu familier, a constaté un journaliste de l'AFP.

Accompagnée de son petit veau, Roi des prés, et menée par son éleveur, Jean-Marie Goujat, la belle Charolaise à la robe immaculée - qui pèse sa tonne - a pris place dans son enclos, sous les yeux du ministre de l'agriculture Didier Guillaume.

« Elle va prendre ses marques, elle a vu beaucoup de monde défiler pendant l'hiver, elle va prendre ses aises ici », a déclaré Jean-Marie Goujat, qui, outre « l'honneur » de représenter la race charolaise lors de ce salon, n'a pas tardé à enfourcher son cheval de bataille : le revenu des éleveurs.

« On veut transmettre ce métier aux générations futures. Pour ça, il faut que notre production soit rémunérée à un prix juste », a-t-il déclaré devant un aéropage de journalistes, alors qu'entrait en scène Didier Guillaume, venu saluer « la mascotte du salon ».

La responsabilité du consommateur

« Le problème numéro un, c'est le revenu des éleveurs. Aujourd'hui le compte n'y est pas encore, ils doivent être rémunérés à leur juste valeur et vivre décemment », a reconnu le ministre, au sujet de la loi Alimentation.

D'autres animaux prenaient leurs marques vendredi en même temps qu'Idéale : parmi eux, à quelques dizaines de mètres de la vache vedette, deux beaux moutons de la race Bleu du Maine, sous les yeux de leur éleveur, Geoffrey Veber, 32 ans, venu tout droit de la région de Verdun (Meuse).

Comme un écho au discours de M. Goujat, il a expliqué que ses frères, comme lui, s'ils font vivre l'exploitation que tient leur mère, ont tous un travail en dehors pour garantir un revenu décent. « On garde ça pour le patrimoine familial et par passion », explique-t-il, faisant le signe zéro avec le pouce et l'index quand on l'interroge sur le revenu qui lui reste une fois les charges déduites.

Parmi les leviers pour garantir ce revenu, le budget de la Pac, en négociations à Bruxelles, pour lequel le président Macron « se bat bec et ongles », a assuré le ministre. « Il est parti à Bruxelles avec un objectif, le maintien du budget de la Pac », a assuré Didier Guillaume, « parce qu'on sait très bien que si le budget de la Pac venait à diminuer au-delà du départ des Britanniques, (...) ce serait un problème. Ce serait un problème pour la résilience de notre agriculture, ce serait un problème pour les aides directes aux agriculteurs, pour leur permettre de vivre, et ce serait un vrai problème pour l'installation des jeunes, un vrai problème pour la transition agro-écologique ».

« C'est un gros enjeu, qui va conditionner l'évolution de nos prix », a réagi M. Goujat, qui en appelle aussi aux consommateurs : « quand on choisit d'acheter tel ou tel morceau de viande, tel ou tel prix, telle ou telle origine, on conditionne aussi l'élevage et l'agriculture qu'on veut dans nos territoires ». Un discours qu'il aura à cœur de partager avec les quelque 650 000 visiteurs attendus au salon cette année.


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