Lait de bufflonnesAntidote à la crise pour des éleveurs du Massif

| AFP

Au sud du Massif Central, les collines verdoyantes prennent des airs d'Italie. Pour résister à la crise et se diversifier, un groupement d'agriculteurs a fait le pari audacieux d'élever des bufflonnes, dont le lait est un des plus chers du marché.

Le lait de bufflonnes serait très recherché de par ses valeurs nutritionnelles.Le lait de bufflonnes serait très recherché de par ses valeurs nutritionnelles. (©Terre-net-média)

À peine leur éleveur a-t-il mis un orteil dans son pâturage , sur la commune d'Almont-les-Junies (Aveyron), qu'une dizaine de bovins trapus, aux imposantes cornes recourbées vers l'arrière, s'attroupent autour de lui en beuglant, l'œil interrogateur. « Ce sont des bêtes géniales : à la fois dociles, rustiques, curieuses et très affectueuses », relate Francis Bony tout en caressant le poil rare et épais de l'une d'elles, qui colle son flanc contre lui.

Les bufflonnes - ou bufflesses - sont les jeunes femelles du buffle d'eau , dont le lait est à l'origine de la célèbre « mozzarella di bufala », l'un des fromages les plus vendus au monde. En France, 52 producteurs (dont huit chargés uniquement des bufflonnes) réunis au sein du groupement d'intérêt économique (GIE) Châtaigneraie, à cheval entre Lot, Cantal et Aveyron, disposent du plus grand cheptel de France, soit 560 têtes sur les quelque 2 500 recensées dans l'Hexagone.

Les premiers animaux ont été importés de Campanie (sud de l'Italie) en 1998 lorsque la coopérative de Maurs (Cantal), qui produit également 13 millions de litres de lait de vache par an, cherchait à se diversifier à l'heure des quotas. « On voulait permettre à des éleveurs limités en volume de produire du lait supplémentaire », précise Christian Broussard, qui préside la structure fondée après la vente, au milieu des années 1990, de la société fromagère Valmont (ex-Perrier), pour laquelle ils travaillaient, au groupe Besnier (devenu Lactalis). « A ce moment-là, on s'est senti totalement isolés, considérés comme de simples numéros de producteurs, sans identité et broyés par l'industrie agroalimentaire », se souvient-il.

Aujourd'hui, les 400 000 litres supplémentaires collectés chaque année par le groupement représentent une manne face aux prix bas du marché. Car si les bufflonnes produisent trois fois moins qu'une vache standard, leur lait a l'énorme avantage d'être l'un des plus chers, trois fois mieux valorisé que celui des races Prim'holstein ou Salers.

« Très recherché »

L'animal mis à disposition des éleveurs peut manger des fourrages grossiers et coûte par conséquent moins cher en alimentation. Côté valeurs nutritionnelles, le lait de bufflonnes fait presque figure «  d'or blanc  » , très pauvre en cholestérol et plus riche en minéraux, protéines et oméga 3. « On manque encore d'études précises sur le sujet mais il serait aussi conseillé pour les personnes intolérantes au lactose et à la caséine », précise, prudent, Jean-François Roumeau, directeur du GIE.

Une partie de la collecte est transformée en deux fromages affinés : le Piastrellou , une pâte molle mi-vache mi-bufflonne, et un bleu de bufflonne , vendus sous la marque « l'Éleveur Occitan » directement à la coopérative ou à des grossistes et restaurateurs, comme Serge Vieira, chef doublement étoilé à Chaudes-Aigues. « Ce bleu très crémeux et onctueux, on aime le proposer à notre clientèle car il change des fromages persillés comme le roquefort. C'est un fromage rare qui mérite d'être connu », assure son épouse Marie-Aude Vieira, chargée de la sélection.

Le reste du lait est livré à des transformateurs qui produisent des mozzarellas estampillées « made in France » . « C'est aujourd'hui un lait très recherché. Face à la demande, on est obligé de refuser des ventes », poursuit Jean-François Roumeau. « Il y a aujourd'hui un marché mais il nous faut continuer à développer notre cheptel car on a encore tout à écrire », ajoute celui qui envisage de valoriser aussi la viande de l'animal.

À l'avenir, les éleveurs qui maîtrisent désormais l'ensemble de la filière prévoient de lancer de nouveaux produits 100 % bufflonne : de la tome et tomette, puis de la mozzarella après une première tentative moyennement aboutie. Un horizon éclairci source d'optimisme : « aujourd'hui, je me lève tous les matins avec le sourire grâce à ces bestioles. Jamais je ne reviendrai en arrière », confie Francis Bony.


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DÉJÀ 12 RÉACTIONS


patrac
Il y a 10 jours
j ai pas d infos plus que ça mais par déduction et comme l alimentation humaine devient une des priorités après vous avez peut etre raison sur les prix mais j y crois meme si je ne suis pas en bio , je pense qu' il faudrait se convertir cet hivers pour qu' à la nouvelle PAC on soit référencé comme "bon agriculteur " et je reste persuadé que les futures aides en tiendront compte si on a pris le train en marche
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Patou
Il y a 11 jours
Le bio au prix du conventionnel ? Tu tiens ces infos d ou pour le bio? Environnement oui mais bio pas au courant !
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Fink
Il y a 11 jours
Si seulement ce que vous écrivez pouvait être vrai mais malheureusement demain ilyaura du bio tracé et l’autre bio, le low-cost et celui-là il devient préoccupant Patric.Désolé de vous sapper le moral mais c un constat grandissant.
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Patrac
Il y a 11 jours
On va vers des régulations avec la nouvelle PAC ou l environnement et le bien etre animal seront les directives et donc pour rentrer dans les normes afin obtenir les aides PAC il faudra être en BIO , ce qui entraînera une régulation comme les productions seront plus faibles . L avenir ne nous donnera pas des prix à nos produits mais en nous obligeant à être en Bio cela va entraîner un manque et donc faire monter les prix
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Fink
Il y a 11 jours
Je ne demande pas mieux que de la régulation en lait œufs viande de porc fruits mais à chaque fois que les projets sont adoptés en sesco ou cdoa on constate que financièrement le projet est acceptable mais étude de marché inexistante.Résultat lorsque les emprunts CT sont réglés toutes les prix et la filière s’efondrent.Les chambres représentées par la fnsea sont responsables de tout ces fiascos.
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Patou
Il y a 11 jours
Attention Fink le lait de chèvre deviens excédentaire malheureusement Il faut une régulation des marchés pour le lait ( vaches et chèvres) sinon cela toujours la m......
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Fink
Il y a 11 jours
Les commentaires à Sophie sont petits surtout que son mari est agriculteur !!!Mais pour ce qui est du sujet on constate que ce qui est rare est cher.D’où cette attractivité pour le lait de bufflonne.C’est exactement pareil pour le lait de chèvre qui a des vertus reconnues.C pourquoi je dit que sur l’Europe on ne sait plus quoi faire du lait de vache et que les agris doivent se remettre en question.Meme en le faisant à pas cher ça reste du lait de vache dont on ne sait que faire.Les seuls débouchés supplémentaires qui sont trouvés de ci de là restent à des prix bas.
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Chrislait
Il y a 13 jours
Heu...si les vaches étaient dans la nature avec des taureaux elles auraient aussi des veaux....et sans doute que je les chasserai ...oui ...pour la viande...
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Patou
Il y a 13 jours
Eh Sophie tu l à tétée ta mère toi? Et si tu est maman as tu allaité ?
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Sophie
Il y a 13 jours
Ne me dites pas le contraire : les vaches laitières sont inseminées pour que naisse un veau. Ce qui déclenche la lactation pour un lait récupéré pour nourrir les humains. Le veau est séparé de sa mère alors qu'il a encore besoin de têter sa mère. Il est engraissé pour etre vendu en tant que ''viande''.
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