Marché foncier agricole en 2013A 5.750 ¤/ha, la hausse du prix des terres reprend de plus belle

| par | Terre-net Média

316.000 ha de terres et de prés libres ou occupés ont changé de propriétaire l'an passé. Les surfaces plus chères à acquérir pour les agriculteurs constituent un bon placement financier pour les épargnants. Analyse du marché foncier agricole en 2013.

Exploitation agricoleLa Fnsafer a annoncé une hausse de 6,2 % du prix de l’hectare de terres et prés libres non bâtis. (©Terre-net Média)Dans un contexte caractérisé par de nouvelles hausses du prix des terres en 2013, le manque croissant de transparence du marché foncier rend l’analyse, à laquelle s’est livrée la Fnsafer ce 28 mai, encore un peu plus difficile que l’an passé.

Prix des terres 2013Retrouvez département par département  le prix des terres 2013 en cliquant sur la carte.
(©Terre-net Média)

Le marché foncier n’échappe pas en effet à une forme de financiarisation caractérisée par l’apparition de ventes de terres opérées sous forme d’échanges de parts sociales et de titres entre des détenteurs exploitants agricoles ou de non-agriculteurs.

Les terres sont de plus en plus acquises et détenues par des sociétés agricoles, foncières ou commerciales, qui ont la possibilité de céder leurs parts sans avoir de déclaration à fournir. Avec le risque à terme que l’exploitation des terres échangées échappe tout simplement aux agriculteurs en activité.

Si cette financiarisation s'opère à l'avenir sur de grandes surfaces, elle menacera la sécurité alimentaire de la France puisque les terres pourraient ne plus être destinées à nourrir ses concitoyens. Ce phénomène est déjà perceptible dans toute l’Union européenne qui importe déjà l’équivalent de 350 millions d’hectares de produits alimentaires.   

En France, cette financiarisation croissante s’ajoute à la pression à l’agrandissement des exploitations. Les prix en hausse traduisent même une certaine insolence du marché foncier dans un contexte de croissance économique particulièrement faible au niveau national.

La Fnsafer a annoncé une hausse de 6,2 % du prix de l’hectare de terres et prés libres non bâtis. Celui-ci se négociait ainsi en moyenne 5.750 €. Pour les surfaces louées, moins soumises à la pression foncière, l’augmentation observée de 4,3 % seulement s’est traduite par un prix à l’hectare vendu de 4.240 € en moyenne.

Ces moyennes masquent toujours autant de disparités quels que soient les critères retenus pour analyser les tendances du marché foncier. Les prix varient entre départements, selon la proximité des zones urbaines ou de la concurrence entre productions par exemple.

Le prix de l’hectare de terre libres en zones de grandes cultures a atteint 6.670 € contre 4.400 € en zones d’élevage bovin. Mais dans le département du Nord, l’hectare de terre libre s’est vendu 10.000 € car la pression foncière est particulièrement forte. La bonne conjoncture des prix et des revenus a aussi attisé le marché.

Plus de 10.000 €/ha dans le nord

Dans les régions de polyculture-élevage, c’est la tentation de convertir des pâturages en terres cultivées qui tire les prix à la hausse et réduit l'écart avec ceux des zones de grandes cultures. Ceci dit, en épargnant l’élevage bovin et ovin dans les régions herbagères, la mise en œuvre de la réforme de la Pac ne conduit à aucune tendance dépressive. Le prix des terres est même orienté positivement.

Mais pour les céréaliers, cette même réforme particulièrement défavorable pourrait les pousser à acquérir davantage de terres pour amortir sur de grandes surfaces leurs charges fixes. Ce qui soutiendra aussi les prix fonciers.

Toutefois, l’écart de prix entre les terres louées et libres dépend de la part de surfaces en fermages. Il est le plus élevé dans les zones où la majorité des terres est déjà louée avec parfois une différence de prix de près de 60 %.

Financiarisation du marché foncier 

C’est aussi le retour des non agriculteurs sur le marché foncier qui explique la hausse des prix en 2013 dans un marché par ailleurs relativement fermé. Seuls 316.000 ha ont changé de propriétaire l’an passé alors que les transactions avaient porté sur 412.000 ha en 1999 par exemple. Les faibles taux d’intérêt des prêts souscrits renforcent le pouvoir d’achat des acquéreurs tentés de diversifier leurs placements dans le foncier. Et le taux de rendement locatif brut de 3,2 % est trois fois supérieur à celui d’un livret A,  sans prendre en compte la plus-value potentielle observée chaque année à travers la hausse des prix du foncier.

Enfin, le placement foncier reste d’autant plus attractif que les capitaux placés ont été épargnés par la crise financière et la baisse de la valeur des actifs mobiliers. Et à l’avenir, le défi alimentaire renchérit un peu plus chaque jour, l’enjeu que représente la détention de terres. La surface agricole européenne continue à diminuer alors que les productions de biens alimentaires, de biomatériaux et d’énergie renouvelable devront augmenter.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


RegineM
Il y a 2255 jours
Et encore.... c'est beaucoup moins cher qu'en Belgique!!!
Chez nous, une bonne terre agricole dépasse très vite les 25.000€ l'hectare!!!
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