Santé publiqueLa détection de l'ESB chez une chèvre : un processus long et complexe

| AFP

La confirmation du premier cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez un caprin, qui vient d'être annoncée par la Commission européenne, a pris près de deux ans en raison de la complexité des analyses à mener, a souligné vendredi 29 janvier le coordinateur des équipes de recherche, Marc Eloit.

Au début des années 2000, l'Europe a demandé aux Etats membres de mettre en route des enquêtes "basées sur des prélèvements aléatoires à l'équarissage et en abattoir (...) visant à identifier la fréquence de la tremblante" chez les animaux de boucherie, a rappelé Marc Eloit.

Les équipes dont il a coordonné les travaux (Inra, Afssa, Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort, CEA) ont récupéré des prélèvements de caprins à la mi-2003 "pour voir si sous ce qualificatif tremblante il pouvait y avoir des cas d'ESB", a-t-il expliqué à l'AFP. "Des test rapides ont été réalisés pour faire le tri entre des centaines de prélèvements" de cerveaux de chèvres. Puis des souris ont été inoculées avec des échantillons des cerveaux douteux, dont l'un appartenait à un animal abattu en 2002, a-t-il dit. Il a ensuite fallu attendre une durée d'incubation de plus d'un an, puis effectuer un examen détaillé de ces souris. Puis il a fallu confronter les résultats, en discuter, pour arriver à une conclusion.

"C'est à l'issue de ce travail (...) qu'on a pu conclure, pour un prélèvement, que c'était de l'ESB et que ça a pu être confirmé par le laboratoire communautaire de référence", a ajouté Marc Eloit.

Il s'agit maintenant de savoir "si ça relève d'une anecdote ou d'une situation avec une relative fréquence", ce qui aurait des implications différentes pour les mesures à prendre pour la consommation par l'homme, a-t-il encore dit.

La poursuite des recherches, a-t-il souligné, "relève plus d'une stratégie des gestionnaires, savoir quel type d'options ils vont prendre, à quel niveau ils vont mettre le principe dit de précaution, sachant que la priorité est de connaître mieux la fréquence de cette souche". "Cela passe par une augmentation du nombre de tests, qui est prévue", a noté Marc Eloit.



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