Biotechnologies"La France et l'Europe en retard" (rapport parlementaire)

| AFP

"La France et l'Europe sont en retard" dans le domaine crucial des biotechnologies, et décrochent dangereusement, non seulement par rapport aux Etats-Unis, mais aussi par rapport à plusieurs pays asiatiques émergents, déplore un rapport parlementaire rendu public jeudi 27 janvier.

"Il s'agit de technologies-clé assises sur les sciences de la vie. Or dans ces domaines, la France et l'Europe décrochent", a souligné devant la presse le député socialiste Jean-Yves Le Déaut (Meurthe-et-Moselle). Dans les domaines de la santé et de l'agro-alimentaire notamment, "il y a des signes d'essoufflement par rapport aux Etats-Unis, mais aussi par rapport au Japon, à l'Inde ou à la Chine", a ajoute Jean-Yves Le Déaut, qui présentait ce rapport adopté par l'Office public d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Le rapport de l'Office, une commission qui regroupe sénateurs et députés, relève ainsi la place grandissante des biotechnogies dans l'industrie pharmaceutique. Les produits biopharmaceutiques, fabriqués à partir de la matière vivante, représentent aujourd'hui 10 % du marché pharmaceutique mondial. "Mais si l'on prend en compte le nombre de nouvelles molécules, cette part serait comprise entre 20 et 30 %", selon le rapport qui relève qu'aux Etats-Unis les produits homologués par les autorités sanitaires en 2004 étaient en majorité issus des biotechnologies.

Les biotechnologies, dont l'emprise est grandissante, outre la santé, dans l'agroalimentaire, l'énergie, l'environnement et jusque dans l'informatique, ont bénéficié en Europe d'un effort notable. "Mais dans le même temps, les Etats-Unis ont poursuivi leurs investissements dans ce domaine, à un niveau inégalé", selon le rapport.

"La partie n'est toutefois pas perdue. Le décollage a bien eu lieu en France et en Europe, mais un nouvel élan, plus soutenu, plus constant et plus coordonné s'avère nécessaire", estime l'Office parlementaire, qui formule une soixantaine de propositions pour faire décoller ce secteur.

Le rapport prône notamment une série de mesures pour mieux diffuser la culture scientique et "combattre l'obscurantisme". "Les responsables politiques doivent inverser un discours uniquement basé sur le risque et la précaution. En matière de santé, d'environnement ou d'agroalimentaire, le plus grand risque serait de ne rien faire", affirme l'Office parlementaire.

La question cruciale reste dependant celle du financement, où l'écart avec les Etats-Unis a tendance à se creuser. En 2003, la seule augmentation des crédits publics aux Etats-Unis pour la recherche médicale a représenté le double de l'effort public consacré en France aux sciences de la vie, a relevé Jean-Yves Le Déaut. "Il faut rééquilibrer l'effort national de recherche en faveur des sciences de la vie, dans le cadre d'un rattrapage budgétaire", demande l'Office, qui se prononce pour un programme pluriannuel voté par le Parlement.



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